La forêt au Maroc

 
La forêt un capital écologique menacé Parmi les ressources naturelles, la forêt joue un rôle essentiel : c’est un écosystème multifonctionnel qui imprime sa marque sur le paysage, tout en apportant une contribution fondamentale à l’amélioration du climat, à la protection contre les risques naturels, à la récréation, etc. Elle revêt aussi une grande importance dans la réduction de la pauvreté en tant qu’élément essentiel du système de production rural, constituant un espace vital fonctionnel avec tous ses produits. Les écosystèmes forestiers au Maroc fragilisés, les changements climatiques et la main de l’homme mis à l'index, la forêt au Maroc, c'est neuf millions d'hectares de biodiversité et de sources de richesses. Le Royaume compterait ainsi quelques 30 écosystèmes forestiers. Mais ce patrimoine vivant est menacé. La forêt marocaine se dégrade et dépérit. La sécheresse y est pour beaucoup, mais la main de l'homme cause bien plus de dégâts. 21 mars est la journée mondiale de la forêt. C'est l'occasion d'informer les Marocains sur l'état, déplorable, de leur patrimoine sylvestre et d'appeler à la mobilisation qu'exigent sa protection et sa sauvegarde. La forêt marocaine, constituée d'écosystèmes fragiles à variation écologique accentuée, est domaniale (domaine privé de l'Etat) et grevée de droits d'usage reconnus aux populations riveraines, en particulier le parcours en forêt, le bois de feu et de service, les menus produits pour l'autoconsommation. La forêt souffre d'un problème de déséquilibre entre les besoins des populations et les ressources disponibles, ainsi que la possibilité biologique de la forêt à se régénérer.
La Cédraie 
Les spécialistes sont catégoriques à ce propos. Le danger guette sérieusement la cédraie au Maroc. Déboisement, sécheresse, surpâturage, abattage clandestin et anarchique des arbres, sont les ennemis malheureusement actifs des cédraies marocaines. “La forêt subit des coupes dans les sous-bois où l’on détruit les petits arbres formant l’essentiel de la futaie pour être ensuite exposée à l’élevage”, la cédraie du Moyen Atlas qui représente la plus grande superficie de cédraie en Méditerranée. Sa disparition constituerait une perte irréversible de la biodiversité et engendrerait des conséquences désastreuses et sur l’homme et sur ses conditions socio-économiques. Elle est d’une importance capitale, car elle constitue un écosystème complexe composé d’espèces animales et végétales qui ne peuvent vivre ailleurs. Il est impératif de dynamiser un nouvel horizon de collaboration efficace entre scientifiques, société civile, populations et gouvernement.
L’Arganeraie
L'arganier (Argania spinosa) est un arbre multi-usage (forestier-fruitier-fourrager), endémique du sud-ouest marocain, où il couvre irrégulièrement 3 millions d'hectares de régions caractérisées par des conditions difficiles qui sont celles de l'aridité, du climat, de l'irrégularité topographique, de la diversité pédologique et de la rareté de l'eau. On doit à l'arganier la célèbre huile d'argan aux qualités intrinsèques. A la frontière de l'aride, cet écosystème original a subi depuis un siècle une perte de la moitié de sa surface, sous des effets cumulés à la fois anthropiques (surpâturage et déboisement) et climatiques (sécheresse, désertification). Le chiffre de 31.000 Ha de superficie de forêt perdue annuellement, cité dans plusieurs études consultées, n'aurait, selon M. Houmy, aucune base scientifique. Toutefois, le HCEFLCD n'a aucune idée du chiffre exact. Malgré la surexploitation de ses écosystèmes forestiers, le Maroc importe plus des trois quarts de ses besoins en bois de France (17 %), de Suède (17%), d'Espagne (13%), et du Brésil (8%). La demande croissante en bois de feu est l'une des sources de dégradation de la forêt. Le bois de feu constitue la deuxième source d'énergie utilisée au Maroc, après le fuel. Ce sont les ménages ruraux qui consomment le plus de bois de feu, 89 %, avant les fours publics et bains maures, 8 %. Seulement, les écosystèmes forestiers, dont la productivité en bois de feu est estimée à 3 millions de m3 par an, ne peuvent même suffire aux besoins actuels. Est-ce qu’il n’existe pas d’autres moyens pour reconstituer nos forêts autres que le reboisement ? Est-ce que notre approche actuelle du reboisement est la meilleure pour assurer la reconstitution ?
 

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